Armes d’extermination sur Gaza

12 janvier 2009 0 Par admin

Depuis le 29 décembre, Israël a engagé une guerre totale sur Gaza. Les Palestiniens de la bande de Gaza sont littéralement écrasés sous le feu des bombes qui ne font pas de distinctions entre les civils : hommes,  femmes et enfants et les combattants palestiniens du Hamas ou non, tous sont exposés aux armes d’extermination de l’opération si cyniquement appelée « plomb durci ».

Les informations qui parviennent à  sortir de la bande de Gaza placée sous blocus total par l’armée israélienne sont chaque jour plus alarmantes.  Après ces 17  jours  de bombardements intensifs sur cette mince bande de terre où vit plus d’un million et demi de personnes, qui pourra dire qu’il ne savait pas ? La guerre ne fait pas de détail et les armes ne choisissent pas leurs victimes, seuls ceux qui les tiennent ont cette possibilité en choisissant de ne pas les utilise. Or, les israéliens les utilisent ces armes et contrairement à  ce que les représentants de l’armée veulent laisser croire, les armes tuent sans distinction, toujours plus d’innocents, autant de martyrs qui viennent allonger la longue liste des morts et des blessés. Depuis plus de quinze jours maintenant, ce sont plus de 1000 palestiniens qui sont morts et 5000 blessés dont plus de la moitié sont des civils. La réalité de cette guerre qui se poursuit sans que les États occidentaux ou arabes ne s’opposent pas à  cette tuerie.

 Les armes d’extermination sur Gaza

 Les armes utilisées sur Gaza et sur l’ensemble de la population sont d’une extrême puissance. Elles sont normalement interdites d’usage sur les zones habitées par les des personnes non engagée militairement (les « civils ») comme le stipulent les conventions internationales et les « lois » de la guerre. Pourtant, Israël utilise (comme lors du conflit au Liban en 2006) non seulement des bombes au phosphore blanc, mais aussi des bombes à  l’uranium appauvri (UA). Plusieurs témoins confirment sur le terrain ces informations comme l’a révélé dans une interview sur Al-Jazeera le Docteur norvégien, Mads Gilbert,  le 31 décembre 2008.

interview du Dr Mads Gilbert, Al Jazeera, 31/12/2008

Le médecin norvégien, déclare ainsi avoir retrouvé notamment des traces de radioactivité :

« chez des victimes de la première phase de l’offensive israélienne, lors des tous premiers bombardements aériens. »

Mads Gilbert

C’est en effet durant la première phase de bombardement intensif que les israéliens ont utilisé des bombes de type GBU-39, livrée au début du mois de décembre par les États-Unis.

Les bombes au phosphore blanc

Les bombes au phosphore blanc sont des bombes incendiaires. Leur fonctionnement est assez simple, lors de l’explosion de la bombe à  quelques mètres du sol, du phosphore est dégagé dans un nuage de fumée blanc et le phosphore s’enflamme au contact de l’oxygène de l’air ambiant. Ce sont des bombes incendiaires qui dégagent des chaleurs de plus de 600 degrés, brûlant tout autour. Par ailleurs, pour parvenir à  éteindre ce phosphore, il faut le recouvrir de sable ou de terre, mais celui-ci peut s’enflammer à  nouveau si on retire la couche de terre ou de sable. Il faut imaginer les dégâts et les brûlures que ce type de bombe provoque. Des médecins de la bande de Gaza ont reçu nombre de blessés, brulés par ce type de bombe.

Les bombes à  l’uranium appauvri GBU-39

GBU-39 une bombe à l'uranium appauvri
GBU-39 une bombe à l’uranium appauvri

Ces bombes sont présentées comme très performantes par leurs promoteurs (le fabricant n’est autre que Boeing/Lookheed Martin), jamais à cours d’idée pour faire plus de victimes et de dégâts. Censées pouvoir permettre des frappes plus précises, ces engins de mort sont à  l’uranium appauvri. Ces GBU (Guided bomb Unit-39) font partie d’un arsenal de munitions connu aussi sous le nom de SDB (Small diameter Bomb) qui est de petite taille (comme expliqué ici), mais à  fort pouvoir de pénétration (grâce à  leur tête explosive), notamment dans tout ce qui est bunker et complexes enterrés. La tête de ces bombes sont d’un métal bien plus dur que le plomb mais elles restent bien plus légères. Les bombes à  l’uranium appauvri ont aussi la capacité de produire une chaleur énorme (1200 degrés Celcius) carbonisant toute la zone touchée. Au-delà  des spécificités techniques de ces bombes qui font partie de la famille des DIME (Dense Inert Metal Explosive), il faut retenir que ces explosifs sont hautement cancérigène, même pour les blessés qui peuvent ensuite contracter des cancer et autres maladies de ce type. Combien même les bombes seraient plus précises (ce qui est encore à  démontrer), les retombées elles ne font pas dans le détail et, femmes, enfants, boulangers, épiciers ou combattants du Hamas tous sans distinction sont concernés par les retombées radioactives des poussières qui se dégagent lors de la combustion. Les risques de cancer sont d’ailleurs connus concernant ces types de bombe comme l’explique cet article (en anglais).

Les bombes au tungstène

 En plus des bombes déjà  citées, il faut aussi parler des bombes au tungstène qui sont utilisées, mais avec davantage de retenue en raison du coût de la matière première. Cependant les dégâts qui sont produits sont là  aussi importants et dramatiques pour les êtres humains qui sont emportés par l’explosion de ces armes. Les risques de développer là  aussi un cancer sont importants. Les israéliens expérimentent de nouvelles armes de guerre sur la bande de Gaza et les risques pour la population sont important comme le révélé un reportage diffusé sur la Rai (Source de l’information : cet article (en anglais)).

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 La guerre est totale à  Gaza et rien ne semble être épargné aux gazaouis quels qu’ils soient et où qu’ils soient dans Gaza. Le recours à  ces armes d’extermination ne se justifie pas et ne pourra d’ailleurs jamais l’être… On comprend mieux quel cynisme se cache derrière le nom de cette opération « plomb durci » au regard des armes utilisées par l’armée israélienne à Gaza.